Bismillah Rahman Rahim

Mes chers frères et sœurs,

Vendredi dernier nous avons célébré ici même dans notre mosquée la prière de l’Aïd al-Fitr, un moment éminemment religieux, qui venait consacrer la fin du mois de Ramadhan. Nous étions près de 1500 fidèles.

Tout au long de ce mois béni, dans les différentes mosquées mulhousiennes, les musulmans, dans un même temps, accomplissaient, le cœur plein de foi et de repentir, les prières du TARAWIH.

Ils n’étaient certes pas dans un même lieu pour prier mais par leur dévotion et leur amour pour ALLAH ils étaient ensemble. Oui, ensemble dans leurs inclinaisons, leurs prosternations, leurs TAKBIR et leurs invocations. La communion, la prière ne veut pas dire prier les uns à côté des autres mais plutôt les uns avec les autres dans le partage, la bonne intention et la sincérité de notre dévouement à ALLAH.

Venu le moment de la prière de l’AÏD, certains nous demandèrent pourquoi n’avons-nous pas rejoint le hangar du PARC des Expositions de Mulhouse pour célébrer la prière en plus grand nombre ?

Nous voulons ici préciser certains points que nous estimons capitaux !

Dans un premier temps, nous signifions que nous privilégions plutôt la qualité à la quantité, le grand nombre dans la sunna d’Allah n’a que rarement était synonyme de force et de puissance ni d’efficacité ou de qualité. Tout au long du récit Coranique, nous remarquons que les plus grandes victoires, les révolutions civilisationnelles dans le sens de la réforme spirituelle ont été portées par des minorités agissantes, sincères et bien inspirées.

Dans un deuxième temps, nous regrettons que les grands rassemblements à l’occasion de l’Aïd al-Fitr ou de l’Aïd al-adha, répondent souvent malheureusement à une algèbre politique et à des enjeux de représentation de la communauté.

Les différentes fédérations nationales, en particulier l’UOIF et/ou le CFCM exercent leur influence dans une logique de concurrence à la représentation. De plus le mélange des genres entre politique, avec généralement la présence et la prise de parole de politiques et des responsables des autres cultes, et la dimension essentiellement religieuse de la prière de l’Aïd, ne semble pas aller dans le sens de ladite LAICITE, qui tout au long de l’année ces mêmes politiques invitent les musulmans à respecter scrupuleusement.

Nous soulignons que la mosquée KOBA n’est affiliée à aucun parti politique français ou étranger, à aucune grande fédération nationale, elle ne se reconnait non plus dans les bilans catastrophiques ou plutôt les non-bilans des structures dites représentatives telles que le CRCM (Conseil Régional du Culte Musulman) d’Alsace ou le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) à l’échelle nationale.

Nous estimons que la gestion du culte doit se faire de manière indépendante, désintéressée en respectant les notions de liberté de culte et de conscience et bien sûr le cadre de la loi. La gestion du culte musulman doit être avant tout au service des fidèles et non d’une caste dirigeante imposée.

Les responsables de la mosquée Koba considèrent que la célébration de la prière de l’AÏD est un moment foncièrement religieux. Que ce soit avant ou après la prière, les discours ou les khotba politiques ou des représentants d’autres cultes ne répondent ni à un besoin ni à une demande des fidèles. Seules les Khotba de l’imam ou des responsables musulmans ont leur place dans ces moments de recueillement et de dévotion.

Nous disons non à la récupération de nos précieux moments religieux, nous disons non à l’imposition de discours moralisateurs ou paternalistes venant de politiques ou de personnalité en mal de visibilité.
Cependant nous ne voyons aucun mal à inviter ces personnalités pour les festivités et les réjouissances qui suivent la prière, au contraire nous l’encourageons, cela fait partie de notre tradition religieuse.

En conclusion et à titre d’information, nous vous communiquons le montant de la ZAKAT AL-FITR qui a été rassemblée dans cette mosquée. Il s’élève à 3063 €.
Comme nous le commande notre religion, ce montant a été entièrement distribué aux indigents, aux pauvres et nécessiteux, qu’ils soient des particuliers ou des associations qui ont pour objet de venir en aide à ces derniers.

Qu’Allah(swt) soit témoin que notre responsabilité vis-à-vis de cette obligation ait été acquittée. Amîn

Qu’Allah(swt) nous bénisse et nous récompense pour nos bonnes œuvres et qu’Il nous pardonne nos erreurs. Amîn

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