La fatihah dans la prière : au coeur d’un dialogue privé avec le Créateur

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On connaît tous la valeur de prière. Elle est la première chose qui sera jugée dans l’Au-delà, l’acte qui distingue le croyant et le mécréant. Ne pas la faire suffit, pour certains savants, pour sortir de l’islam, la faire est le seul acte, en dehors de la chahâdah, qui suffit pour qu’on atteste qu’une personne est bien musulmane. Comme c’est un acte, nous dit le Coran, qui purifie le comportement et les pensées de l’être humain, qui influence le comportement de l’homme, la vie de l’homme est à l’image de sa prière. Aussi toute information concrète, pratique qui nous permettra d’être concentrés et pieux durant la prière à sa place dans ce post. Et chacun peut contribuer.
La première chose pour être au point dans sa prière, c’est de considérer qu’on est face à Allâh et qu’on Lui parle, qu’on s’adresse à Lui. Et quoi de mieux pour cela que de savoir qu’Il nous répond. C’est exactement l’objet d’un hadith qudciyy authentique qu’on devrait avoir à portée de main pour le lire à chaque fois qu’on se prépare pour aller prier. C’est un hadith qui exprime clairement que lorsqu’on prie, on est dans un dialogue intime avec le Seigneur des mondes. Et dans le détail.
Ce hadith est rapporté par Muslim et le compagnon qui le rapporte est Abu Hurayrah, qu’Allah l’agrée. Il dit en substance qu’Allâh a distribué la « prière » entre Lui et nous. La prière ici signifie la Fâtihah, car sans la Fâtihah, il n’y a pas de prière. Qu’est-ce qu’Allâh me dit quand je récite la Fâtihah ?
Cette sourate comprend trois moment distincts qui sont autant de types d’échanges avec le Maître, Ar-Rabb : (1) des glorifications, puis (2) l’expression de l’engagement, enfin (3) des demandes. Quand le serviteur glorifie Allâh dans la Fâtihah, Allâh reconnaît que son serviteur l’a pris pour seule Divinité. Quand le serviteur exprime son engagement et le contrat qui le lie à Allâh, Allâh affirme qu’Il remplira Sa part. Quand le serviteur demande à Allâh, Allâh l’exauce.

* premier temps : le temps de la glorification.

– Quand le serviteur dit « al-hamdulillahi rabbil ‘alamin », Allâh dit « Mon serviteur a reconnu Ma perfection et Ma majesté et m’a montré sa gratitude. »
– Quand le serviteur dit « Ar-Rahman Ir-Rahim », Allâh dit : « Mon serviteur a reconnu que le bien ne vient que de Moi et que de moi ne vient que du Bien. Il a vanté Mes mérites ».
– Quand le serviteur dit « Malik yawm-id-din », Allâh dit « Mon serviteur a reconnu que Mon pouvoir et Ma décision englobent toute chose. Il a vanté l’ensemble de Mes mérites et M’a rendu Seul à décider de sa rétribution.
Le temps de la glorification, c’est le moment où face à Allâh l’homme et la femme se mettent en état de serviteurs, à la disposition d’Allâh. Et Allâh reconnaît que celui qui est devant Lui s’est présenté, humble et petit, et a reconnu Sa grandeur, Son importance et Sa perfection. Ces versets indiquent ce qu’Allâh est le seul à être, ce qu’Il est le seul à faire, à pouvoir faire.

* deuxième temps : le temps du contrat

– Quand le serviteur dit « iyyaka na’budu wa iyyaka nasta’inu », Allâh dit « Cela représente ce qu’il y a entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu’il a demandé.
Ce verset pivot entre ce qui précède et ce qui suit est l’expression de l’engagement que le serviteur a pris envers Allâh de lui obéir. C’est le seul espoir qui vit en lui. L’homme est désespéré et faible. Il a besoin de l’aide d’Allâh et sait que le seul moyen de l’obtenir c’est de L’adorer. Et Allâh confirme que cet engagement le lie à Lui, qu’aucun autre moyen d’obtenir Son aide n’existe et que ce moyen est nécessaire et suffisant. S’il respecte son engagement, l’homme sera aidé. Ce verset indique à la fois ce qu’Allâh est le seul à pouvoir faire et ce que l’homme a l’obligation de faire et à ne faire que pour Allâh.

* troisième temps : le temps de la demande

– Quand le serviteur dit « Ihdina-s-siratal mustaqima siratalladhina an’amta ‘alayhim ghayril maghdhubi ‘alayhim wala-dh-dhallin », Allâh dit « Cela est pour Mon serviteur et Mon serviteur aura ce qu’il demande.
C’est le temps des invocations, et l’invocation principale du croyant est d’être guidé, d’être accepté parmi ceux qui ont été guidés et qui ont reçu tous les bienfaits d’Allâh, pas ceux qui ont été égarés, qui n’ont pas voulu se soumettre, qui n’ont pas voulu invoquer et qui n’ont pas été aidés. Et Allâh affirme que telle est la voie du succès et qu’Il exauce Son serviteur. Ces versets indiquent tout ce dont a besoin l’homme et que seul Allâh peut lui fournir.
Donc la Fâtihah, et donc la prière, est un échange avec Allâh. Un dialogue entre le serviteur petit, écrasé sous le poids de la majesté et de la grandeur de Celui qui lui répond. En soi, déjà, c’est un bienfait énorme. Parler avec Allâh. Mais la faiblesse de ce dialogue, c’est la faiblesse de l’homme. Allâh dit la vérité, tient Sa parole. Ce qu’il dit va se produire. Donc tout va dépendre de notre sincérité à nous, les hommes, et de notre présence consciente pendant la prière.
S. CHEMLAL

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